Parmi les filtres qu’on impose à nos recherches de l’âme sœur sur des sites de rencontre, celui de la distance est le plus intéressant et étrange. Comment! Avec un accès au monde entier, à tant de personnalités, de récits personnels, le critère qui nous décide est que le match parfait devrait être sous un rayon de 20km? Il y a des raisons derrière cela – après tout, les sites de dating servent à élargir ses horizons, mais aussi à se simplifier la vie. On peut faire la cour à un(e) Européen(ne) si le cœur nous en dit, mais les enjeux sont plus grands. Pas de rencontre pour tester la dynamique sans investir dans un voyage intercontinental!

Est-ce un pari trop fou?

Un aussi grand investissement diminue l’enthousiasme. Comme l’a dit une fille, gentille et sensée, dans une telle situation, « Et si ça ne marche pas? ».

Cependant, comme lui a répondu le correspondant qu’elle avait rencontré en ligne, avec qui ça avait cliqué, mais qui habitait à des centaines de kilomètres : « Mais si ça marche? »

Ils sont désormais mariés. C’est une de mes histoires préférées.

Cette anecdote me fait toujours réfléchir à la rigidité de nos critères de sélection. Car après tout, de vos amis et relations, combien passeraient vraiment les filtres que vous posez pour le choix d’un(e) partenaire? Pensez aux gens que vous aimez. N’est-ce pas un peu étrange de les imaginer absents de votre vie parce que vous avez établi les mauvaises limites autour de vous?

Cela ne signifie pas que vous devez ouvrir la porte à l’amour à distance. C’est vague, d’ailleurs, l’amour à distance. Après tout, chacun a sa définition de la distance « qui vaut la peine d’être parcourue ».

C’est où, trop loin?

La dernière fois que j’ai viré à la Baie-des Chaleurs, un monsieur gaspésien s’étonnait de ma relation à distance internationale — un amour qui traverse les océans. “Moi, » qu’il m’a dit, « J’avais commencé à avoir une blonde. Mais elle restait trop loin, ça valait pas la peine. » Quand je lui ai demandé où habitait la dame, il a nommé le prochain village.

Ça m’a pas mal impressionnée, l’abandon de quelque-chose-qui-pourrait-devenir-plus comme ça, pour moins de quoi, quarante kilomètres entre leurs domiciles respectifs? Mais il faut dire, le monsieur était déjà âgé. Il tenait à son confort, à sa p’tite place à lui. Deux fois marié, aussi. On dirait qu’il avait passé l’âge des efforts.

« Ça ne marche jamais, les relations à distance » : le mythe persistant

Une relation à distance, ça a une réputation un peu rough. La version cynique : « Toutes les limitations d’un couple, sans les avantages! » Il faut des reins solides, de la confiance, un intérêt réciproque.

Pour fonctionner, en plus de tout cela, il faut un projet commun. Pas nécessairement de plan fixe, mais assez d’espoir et de flexibilité pour se dire qu’éventuellement, vous pourrez vivre quelque part ensemble. C’est large, mais vous pouvez aussi vous concentrer sur l’approfondissement de votre relation en attendant. Ne vous contentez pas d’échanger des messages génériques : entrez dans le vif du sujet en vous posant des questions plus personnelles, philosophiques, imaginatives. Par exemple :

« Quel est ton souvenir d’enfance préféré? Qu’est-ce qui le rend si spécial? »

« Si tu savais que tu allais mourir dans un an, changerais-tu quelque chose à ta vie? Pourquoi? »

La contrainte de la distance crée une façon de se rencontrer différente – un tas de conversations à apprendre à se connaître mieux, à se raconter notre vie, à se prodiguer des conseils, etc. Sans se rencontrer physiquement. Ce n’est peut-être pas ce que la majorité des utilisateurs de sites de rencontres recherchent. Mais il y a un potentiel à ne pas rejeter d’emblée. Vous aimerez et aller être aimé de quelqu’un dont vous ne connaissez encore ni l’existence ni le nom. Que vous cherchez encore.

Comment prétendre donc que vous savez où cette personne habite présentement?

 

 

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